jeudi 22 janvier 2009

Sweet Revolt

Eté 95, sur les routes de France, la liberté n'a jamais eu ce goût. Chaque note de musique nous rappelle à quel point la vie est belle. Entre deux morceaux, notre joie redouble. Au lieu d'être pressés d'arriver, on a juste envie de se perdre. Sur une butte près de la route, on trouve une enclave, un terrain abandonné, déserté, sillonné par les roches. On s'installe, on savoure, on n'attend plus rien. La cassette passe, repasse, elle nous sert les mêmes refrains depuis notre départ. Plus loin, près de la frontière suisse, on se fera arrêter, on trouvera ça très drôle. Parce qu'on aura eu le temps d'apprendre tous les titres, et que s'imaginer les chanter au douanier, entre deux fouilles, ça nous amuse beaucoup. Mais on n'aura pas eu l'occasion de le faire, on aura coupé la sono et rangé nos mégots. Après tout, la vraie révolte est intérieure, presque aussi lumineuse et colorée qu'un tempo et au moins aussi sage et emportée qu'un solo.

Bob Marley, "Uprising"

2 commentaires:

  1. Je n'avais jamais envisagé l'été 95 sous cet angle. Maintenant, je sais pourquoi je l'ai tant aimé.
    LiB

    RépondreSupprimer
  2. Euh... hum... tu déconnes? c'est pas toi l'été 95!

    RépondreSupprimer