Voilà ce qui arrive quand on quitte les terres tourmentées du rock pour rejoindre celles plus modérées de la musique électro-pop. Tôt ou tard, on s'y laisse prendre. On se dit qu'on voudrait pouvoir être capable de refuser tant de confort -après tout l'électronique fait partie du confort moderne -, on voudrait pouvoir être sûr de ne jamais céder à la tentation musico-consumériste qui nous classe d'emblée dans la catégorie des usuriers. Mais la créature est plus forte que son créateur, et les bonnes résolutions sont peu de choses pour peu que le son fasse correctement son travail. Et c'est bien ce qui arrive quand on écoute Erlend Øye. On est ravi de pouvoir se mouvoir sans même savoir quelle pose adopter ni même quel pas enchaîner. On est juste conscient que le tempo est suffisamment entraînant et les mélodies raisonnablement séduisantes pour avoir envie de bouger. Ce qu'on fait volontiers le casque vissé sur les oreilles et les pieds prêts aux plus improbables ballets.Erlend Øye, "Unrest"


















