samedi 24 octobre 2009

Airlock Sounds

La vie est ailleurs écrivait celui qui aurait pu -s'il en avait eu le temps, le loisir ou le talent -, transcrire en musique cette évidence aussi paradoxale que rassurante. Car qui peut vouloir avoir envie de nier qu'être ici et ailleurs n'est qu'un désir réservé aux rêveurs éveillés, de la trempe de ceux que l'on aperçoit parfois, le regard plein et vague, mais toujours encore éclairé par quelques lueurs salvatrices. C'est finalement au don d'ubiquité que nous convie cet opus dénué de mots mais bourré de sons bioactifs parfaitement tolérés par tout organisme en manque manifeste de mobilité. D'un titre à l'autre, on visite mille paysages d'où l'on parviendra toujours à distinguer la ligne d'horizon, ce qui aura pour effet de nous maintenir longtemps dans un état de ravissement serein, sans jamais rien savoir de la destination finale. Les titres sont construits de façon telle qu'il n'est pas de repérage possible, on ne saura jamais où l'on va ni où l'on est. Le sas musical où l'on se trouve pris est parfaitement hermétique et étonnamment conçu pour nous faire oublier jusqu'à d'où l'on vient. La vie est ailleurs vous dis-je, essayez, vous n'en reviendrez probablement jamais.

Caroline Duris Metatechno, " Other Dream "

jeudi 9 juillet 2009

Grey Light Time

Voici un disque que le hasard - auquel je ne crois pas - aura mis entre mes oreilles un clair après-midi de juin. Rien de bien nouveau dans ce que nous propose cette jeune new-yorkaise, qui fut manifestement envoûté par sa guitare aussi précocement que je le fus par la musique. User ou abuser du charme évident de la jeune fille, - qu'elle aura réussi à placer et dans sa voix et dans sa personne -, me semble bien être les seules options valables. Et c'est tant mieux, car on ne sera pas déçu de s'être allé promener le long des quelques titres qui campent sagement cet album. Dans une veine folk intimiste, on pense à Emily Jane White, qui pour l'occasion donne l'impression de s'être incarnée momentanément en la personne de Kesang Marstrand, même si cette dernière demeure dans un répertoire plus conventionnel et moins personnel que son aînée.
La simplicité des compositions aidant, on aura le sentiment d'évoluer dans un espace exclusivement réservé aux humeurs grises, de celles qui donnent l'impression que le temps s'est arrêté et qu'il serait vain de lui imputer le cours des choses. D'ailleurs, la pose campée par la jeune femme sur la pochette ne suggère pas autre chose, alors, pourquoi lutter ...

mercredi 24 juin 2009

Black Brightness

A l'écoute du dernier opus de l'ami Perkins, on se dit, -presque de façon convenue - que le noir n'aurait probablement jamais eu cet éclat si l'homme n'avait pas eu à traverser les sentiers iniques d'une forêt aussi troublée que funeste. Impossible en effet de ne pas se prendre à rêver à cet arc-en-ciel, dont il est question dans le titre d'ouverture et dont pourtant - au-delà des trois couleurs primaires qui font la joie des sens heureux-, on ne retiendra que le noir. Qui à force de profondeur, nous apparaîtra finalement sous la bannière d'une nappe aussi lumineuse que la toile qui semble avoir été accrochée sur la pochette, comme pour nous prévenir. Si le chemin est escarpé, il est aussi bordé de richesses insoupçonnées pour qui sait seulement les voir. L'issue paraît donc certaine et l'enfer pavé des meilleures intentions, de celles qui auront l'avantage de nous transporter dans un autre ailleurs, qu'il n'est même pas besoin de nommer autrement que par "Chère contrée". Parce qu'après tout, pourquoi faire compliqué quand on sait qu'au final, rien ne vaut la clarté. Mais pour en être convaincu, encore faut-il y avoir été initié ...

dimanche 14 juin 2009

Art Size

Plutôt que de se fatiguer à chercher l'album rock le plus réussi de l'année 2008 ou encore de s'épuiser à élaborer des tops sans âme - la concurrence est rude -, il sera sans doute moins insignifiant de jeter une oreille tranquille sur ce que les Alamo Race Track ont discrètement combiné pour nous. Dans une pochette à l'image des ambitions de ce groupe mineur, avec néanmoins un don certain pour composer des mélodies fantastiques, on ne sera pas en reste, la fantaisie en plus. Si certains titres se trouvent être loin devant les autres, les premiers du lot suffisent amplement à instiller une sympathie naturelle pour le reste de la production.
C'est en tout cas ce qu'à leur écoute je m'étais mis à penser lorsqu'en rentrant chez moi j'avais songé à ce que j'écrirais plus tard les concernant. ART, quand tu nous tiens ...


Alamo Race Track, "Black Cat John Brown"

mardi 21 avril 2009

Safe Record

Voici un disque qu'il est conseillé d'écouter comme on prendrait ses cachets. Un formidable stimulant auditif efficace dès les premières prises, et aussi salvateur qu'une poignée d'excitants. Ce quintet Anglais n'a en effet pas lésiné sur les doses, sans doute pour être sûr de nous offrir un des meilleurs cocktails musicaux de la scène actuelle. Catalogué math rock, la musique des Foals a quelque chose de géométriquement parfait, aussi bien au niveau du tempo que de la rythmique, sans parler des mélodies, qui semblent avoir été spécialement composées pour nous anesthésier, le temps que le remède fasse son effet. Car après coup, il vous paraîtra difficile de vous détourner de la formule magique contenue dans cette pochette miracle. A l'image de ce titre Two Steps Twice qui, l'air de rien, nous indique une des milles marches à suivre en cas d'irrésolution caractérisée. Mieux qu'une équation à plusieurs inconnues, Foals est un concentré actif de solutions connues, un puissant énergétique sonore qui constituera un parfait dérivatif à vos problématiques les plus complexes. A prendre dès l'apparition des premiers symptômes. Santé !

Foals, "Antidotes"

samedi 4 avril 2009

Trip'N'Jazz Way

Celui-ci s'est fait attendre, allez savoir pourquoi...
Ce n'est pourtant pas faute d'avoir été sollicitée sur le caractère incontestablement novateur de cet improbable ouvrage qui, jour après jour, n'a cependant réussi qu'à me cantonner dans un embarras grandissant. Ce n'est pas non plus faute d'avoir consciencieusement pris le temps d'écouter certains titres plus que d'autres. C'est encore autre chose. C'est mieux et moins que cela. C'est l'incrédulité qui fût la mienne lorsque je me mis à apprécier un son que je n'arrivais pas à détailler, qui avait le pouvoir de charmer mes sens, mais qui se dérobait toujours à la moindre tentative de critique raisonnée. Sans aide extérieure, je n'aurais probablement jamais pu vous livrer ce billet. Little Dragon est un savant mélange des genres, distillant un son par endroits suffisamment classieux pour se revendiquer jazzy, et par ailleurs résolument décontracté pour s'afficher trip-hop. Ajoutez à cela une voix au timbre délicatement soul, et vous obtiendrez au final un centon naturellement élégant, une sorte de petit bijou précieux à la fantaisie désarmante. Et si malgré tout le charme n'opère pas, c'est que manifestement vous n'êtes pas fait pour l'avant-garde.

Little Dragon, "Little Dragon"

samedi 28 mars 2009

Last Chapter

Une fois de plus je me suis laissée mener par le bout du nez, et plutôt que de faire les frais d'une trop grande complaisance, j'ai eu la chance - dans mon malheur - de ne pas avoir vainement cédé aux sirènes diaboliques de dame Shériff. Dès l'introduction, le titre The Story Won'T Persist In Being A Closed Book vous glace et vous transporte. C'est un coup de massue et un coup de maître, c'est un cri déchirant et un murmure étourdissant. C'est aussi sombre que désespéré, c'est presque aussi beau que tragique. La suite est plus enlevée et relève d'un tout autre registre, mais on y retrouve la voix claire et finement posée de son interprète. Dans une veine proche d'une PJ Harvey, on aura le plaisir de savourer les emportements de la dame qui donne soudain le sentiment de n'avoir plus de temps à perdre. C'est pourtant bien ce que le titre liminaire semblait vouloir présager. Et puisqu'après tout les jeux sont faits, qu'importe le prix pourvu qu'on ait l'ivresse ...

Laetitia Shériff, "Games Over"

mercredi 25 mars 2009

Lounge Adventures

Si la pochette - aussi étrange qu'inquiétante -, donne le sentiment qu'un contenu machiavélique s'y cache, et nonobstant le titre - quelque peu déroutant -, imaginez que vos intuitions, vos craintes ou vos phantasmes sont loin d'être fondées. Car à l'écoute de cet ouvrage musical resté discret à sa sortie, vous serez surpris de constater que la tournure heureuse que prend l'ensemble des compositions qui l'habitent est assurément délicieuse. D'un titre à l'autre, la voix masculine de son interprète, chargée de ferveur et d'espoir, sont autant d'hymnes que de tubes. Une sorte de folk-rock teintée d'un lyrisme joyeux et débonnaire, soutenu ça et là par une variété d'instruments aussi divers que le violon, la trompette, le piano ou le synthé. On écoute cet album comme on lit un roman d'aventures, avec le sentiment de découvrir de nouveaux horizons mais tout en ayant la satisfaction d'être confortablement installé et en état de fuir !

Fanfarlo, "Reservoir"

dimanche 15 mars 2009

Monsieur Rêve

D'aussi loin que je me souvienne, Alain Bashung fait partie de ces rares artistes Français qui auront réussi à exercer sur moi une attraction aussi encombrante et désastreuse qu'un Gainsbourg. Encombrante parce qu'impossible de rester indifférente à ses fulgurants élans poétiques, désastreuse parce qu'impossible de ne pas songer à prendre l'artiste pour modèle. Et c'est bien là que le bas blesse. Car qui peut bien songer à vouloir égaler l'élégance et la classe d'un homme qui semble avoir été spécialement conçu pour les incarner. Moi et beaucoup d'autres, sans conteste. Mais c'est que l'homme a ses privilèges, et loin de rechigner à les partager, il n'en demeurera pas moins le dépositaire unique d'un lyrisme made in France. Serti de mots qui enivrent, habillé de lumière et possédé de mélodies envoûtantes, l'homme est paré des trois vertus musicales élémentaires. Celles que d'autres possèdent à l'unité, voire à la paire, souvent pour un temps, pour une saison, une décennie peut-être. Alain Bashung les a possédées toutes, toujours et encore, jusqu'à la fin d'une vie rêvée. Celle qu'il aura imaginé pour nous et à laquelle on se fera un honneur d'oser se conformer, aujourd'hui peut-être encore plus qu'hier.

Alain Bashung, "Fantaisie Militaire"

mercredi 11 mars 2009

Shoes Theory

Pour ceux qui partagent ce sentiment confus mais sincère que d'être coincé dans la ville mais d'appartenir aux champs, ce disque est fait pour eux. Moriarty donne l'impression d'être là pour leur rappeler ce pourquoi il peut être avantageux de porter des bottes, voire leur indique la meilleure façon de les porter. Car, à la ville comme à la campagne les obstacles paraissent assez nombreux pour exiger d'être correctement botté. Grâce à ce combo franco-américain on ne s'étonnera donc plus de fouler le bitume urbain tel un métayer foulant le sol rural et fécond de terres séculaires et reculées. Un vague sentiment de liberté, accompagné d'un franc plaisir à voir s'offrir toute une vaste étendue désertée s'emparera irrémédiablement de nous et nous fera pourquoi pas songer à une possible reconversion. Pour ceux dont l'horizon s'étend déjà en vertes vallées, Moriarty aura au moins l'avantage de leur faire apprécier ceux à quoi d'autres n'auront peut-être jamais le plaisir de goûter, aussi bien chaussés soient-ils. A ceux-là, comme à la faveur du Jimmy éponyme, il pourrait s'avérer utile de méditer sur les charmes insoupçonnés de la vie agraire.

Moriarty, "Gee Whiz But This is a Lonesome Town"

mardi 10 mars 2009

Spirits Can Dance

Il est des divas qu'on attend plus, tant le terme semble appartenir à un autre temps. Une sorte d'époque heureuse mais révolue. Et la plupart de celles qu'on connaît ne donnent l'impression de mériter leur statut que parce qu'on s'imagine que leur âme bienveillante nous parle de quelque endroit inconnu de nous, mais peuplé d'intentions louables et généreuses. A l'image de ces voix qu'elles arborent telle une parure. Si puissantes et si profondes qu'on les croirait venues d'un autre monde. Si la soul music a bien cette qualité que de donner le sentiment d'établir un pont entre deux mondes, il semble nécessaire de reconsidérer ceux qui, plus près de nous - en chair et en os -, se font un devoir d'édifier ces monuments aux corps. Belleruche fait indéniablement partie de cette frange musico-animiste, à qui on aurait cependant confié la beat-box qui manquait à l'époque. Le résultat est aussi surprenant que dansant. Grâce à la voix haute et sucrée de son interprète et à une ligne mélodique ponctuée de beats réjouissants, on a plus seulement le sentiment de communiquer avec d'improbables esprits, mais mieux encore, on se surprend à danser avec eux.

Belleruche, "Turntable Soul Music"

dimanche 1 mars 2009

High Sunday

Echouée sur le canapé du salon, vaguement consciente qu'il est encore tôt et que la semaine vient de se terminer, je m'apprête à passer un dimanche sous les meilleures hospices qui soient. Me voilà donc confortablement installée, en proie aux plus captivantes rêveries. C'est à ce moment-là qu'intervient Elvis Perkins, qui non content de ne susciter chez moi qu'un intérêt limité, aura pourtant réussi avec ce seul titre While You Were Sleeping, - qui me parvient d'abord confusément puis clairement excellent - à brouiller définitivement les connexions synaptiques de mon cerveau endormi. La journée commence très bien, très haut même, et c'est mieux que tout ce que j'aurais pu espérer. La suite est d'autant plus appréciable qu'elle commence ainsi, sans promesse apparente, mais chargée de voix enchanteresses pour qui veut bien les entendre, "oh oh, oh oh".

Elvis Perkins, "Ash Wednesday"

jeudi 26 février 2009

Electronics Ballet

Voilà ce qui arrive quand on quitte les terres tourmentées du rock pour rejoindre celles plus modérées de la musique électro-pop. Tôt ou tard, on s'y laisse prendre. On se dit qu'on voudrait pouvoir être capable de refuser tant de confort -après tout l'électronique fait partie du confort moderne -, on voudrait pouvoir être sûr de ne jamais céder à la tentation musico-consumériste qui nous classe d'emblée dans la catégorie des usuriers. Mais la créature est plus forte que son créateur, et les bonnes résolutions sont peu de choses pour peu que le son fasse correctement son travail. Et c'est bien ce qui arrive quand on écoute Erlend Øye. On est ravi de pouvoir se mouvoir sans même savoir quelle pose adopter ni même quel pas enchaîner. On est juste conscient que le tempo est suffisamment entraînant et les mélodies raisonnablement séduisantes pour avoir envie de bouger. Ce qu'on fait volontiers le casque vissé sur les oreilles et les pieds prêts aux plus improbables ballets.

Erlend Øye, "Unrest"

mardi 24 février 2009

Strike Look

Si vous avez l'occasion de faire un peu de route, ou pas d'ailleurs, pensez en partant à vous munir de ce fabuleux concentré musical. Bourré de basses à haut pouvoir décontractant, il vous fera même oublier où vous vouliez aller. C'est qu'on se perd facilement, mais agréablement, au beau milieu de l'univers de celui qui fut un temps apparenté à Tricky. Et l'homme, non content de vous servir un sourire radieux, se fait un devoir de vous tendre les bras chargés d'ondes absolument positives. Loin du stress et du marasme ambiant, le chant de Finley Quaye est furieusement solaire, résolument lumineux et foutrement inspiré. Lorsque vous aurez assimilé le tempo obsédant et pondéré du petit gars originaire d'Edimbourg, rien ne pourra jamais plus vous atteindre. Rien ne semblera pouvoir venir troubler la rythmique heureuse qu'il aura réussi à vous inoculer. Alors un bon conseil, usez et abusez-en, bonne mine garantie !

Finley Quaye, "Maverick A Strike"

lundi 23 février 2009

Grab This Tribute

Un peu moins et je passais mon dimanche à convoiter toutes sortes de pochettes, plus alléchantes les unes que les autres, à la recherche de celle qui pourrait provisoirement tarir ma soif de nouveautés. Un peu plus et me voilà en possession d'un album, qui aura su retenir mon attention pour la journée. Dès les premières notes, j'ai l'intuition qu'il y là quelque chose dont je vais avoir du mal à me défaire. On ne discute pas avec ses influences, on ne négocie pas avec sa culture, cet album est là pour me le rappeler. Pire, on comble ses lacunes. Car s'il est indéniable que The Organ est le pendant féminin des Smiths, je dois avouer que ces derniers n'ont jamais réellement fait chez moi l'objet d'un culte soutenu. Mais la famille est vaste et les quelques autres influences qui hantent cet album suffisent à former un tout, suffisamment cohérent pour que je m'y retrouve. Et l'exercice en forme d'hommage, rendu aux années new wave est ici absolument maîtrisé. Dès l'introduction ( Brother ; Steven Smith ), on devine que ces demoiselles ont parfaitement soigné leur héritage, mais surtout, on comprend pourquoi.

The Organ, "Grab That Gun"

dimanche 22 février 2009

Brown Buckle

Si les absents ont toujours tort et juste pour le plaisir de faire pâlir ce sentencieux dicton, il est un fait que l'absence de certains a parfois du bon. Pour avoir failli à ma mission journalière et n'avoir aucune excuse, je n'en reviens pas moins les bras comblés. Bosque Brown possède ce charme irrésistible qui fait trouver le temps qui passe trop court, pour s'échiner à le garnir. Du jour où je l'ai découvert, je n'ai plus songé à autre chose qu'à l'écouter, pour l'écouter encore, pour l'écouter après, en oubliant que je l'avais déjà écouté une seconde fois, pour finir par ne plus écouter que ça. La simplicité attachante de cet album tient principalement à la présence vocale assidue de son interprète, qui pour l'occasion aura mis tout son coeur dans ses cordes. Je vous laisse imaginer ce qu'il en est de son âme. De la soul minimaliste, voilà ce qu'il en est exactement de cet ouvrage musical, qu'on goûtera humblement, sans songer à autre chose qu'à actionner la touche repeat.

Bosque Brown, "Baby"

dimanche 15 février 2009

Short Cliche

J'avais promis de chroniquer les 31 knots mais bon... Voilà qu'une fois la pochette sous mes yeux, prête à passer sous le scalpel délicat de mes humeurs changeantes, je décide que leur tour viendra quand j'aurai vraiment fini par me convaincre que Les Strokes n'est qu'un groupe de rock parmi tant d'autres, que leur allure est finalement ringarde et que leur son est carrément loin d'être addictif. D'ici là je tiens quand même à me les garder sous le coude. Parce que je ne désespère pas qu'un jour des titres comme You Only Live Once, Heart In A Cage ou même On The Other Side, des titres somme toute moyennement bien calibrés, à peine mélodieux et presque sans charme, passent à la trappe de mes goûts incertains. Et à tous ceux qui prétendront que j'ai tort de sous-estimer un groupe aussi talentueux, symbole absolu du rock'n roll, je rétorquerai sans rougir que le vrai rock est ailleurs, mais qu'en attendant d'y aller, je reprendrai bien deux ou trois clichés...

The Strokes, "First Impression Of Earth"

samedi 14 février 2009

Urban Mood

Un peu avant mon départ pour Berlin - c'était l'année dernière-, j'avais fini par décider que mon salut se trouverait dans la recherche intempestive d'artistes en tous genres. Je passais donc un temps considérable à squatter la toile, à la recherche de tout et de n'importe quoi. Le hasard ou la chance ont voulu que je tombe sur cette jeune artiste Berlinoise - Masha Qrella - qui, après écoute, ne mis pas longtemps à faire de moi une auditrice dévouée. Il y a dans sa voix quelque chose d'exagérément doux et de morose à la fois. Comme s'il s'agissait pour elle de dépeindre un monde qu'elle aurait condamné mais dont elle n'aurait à la fin que faire. La musique, électro-pop, par moments minimaliste, sert parfaitement cet état d'esprit propre aux grandes métropoles. Où les solutions sont autant d'options aux problèmes, qu'on voudrait pouvoir les appliquer toutes, de peur de passer à côté de celle qui eu vraiment valu le coup.

Masha Qrella, "Unsolved Remained"

vendredi 13 février 2009

Contemporary Trinity

Les trois silhouettes longilignes qui paraissent s'être posées là, à la lisière d'un jardin endormi, comme pour mieux admirer le paysage pastoral qui s'offre à elles, à l'abri des regards et comme tenues ensemble par quelque serment filial, ne cachent rien de ce que cet album peut offrir. Il plane au-dessus de ces demoiselles - chez qui on croirait déceler un accord tacite - une inertie musicale positivement réjouissante. Les choeurs sont tout à l'unisson et l'électronique au plus près du diapason. Leur musique, d'une simplicité touchante, affleure simplement, sans jamais se perdre en détours, comme si le trio avait choisi de ne jamais trop se disperser, pour ne pas se perdre de vue. Au final, on trouve de très beaux titres, agréablement mélodieux et comme tout droit sortis d'un rêve de jeune fille. Et la mélancolie qu'on sent poindre par instants ne fait qu'ajouter au charme de cet album, qu'on gardera en mémoire comme étant l'une des trinités musicales les plus réussies de ce début de siècle.

Au Revoir Simone, "The Bird Of Music"

jeudi 12 février 2009

Post Remain

Depuis que j'ai quitté le nord pour rejoindre l'est que j'avais laissé, les groupes musicaux qui sévissaient à l'époque - de l'autre côté de la frontière -, me reviennent en mémoire. Bauhaus fait partie de ceux qui n'ont pas quitté ma discothèque depuis ce temps. Ce groupe qui s'est payé le luxe d'être là avant tout le monde, réussi encore à demeurer bien après que d'autres aient déjà consenti à se retirer. Rien de vraiment étonnant à cela lorsque l'on s'applique à réécouter cet album. Le style qui est le leur, dans une veine post-punk, est encore tout à fait d'actualité. Rien dans leurs compositions ne paraît daté, rien non plus ne semble avoir été copié. Leurs titres conservent la griffe qui fait d'eux un groupe à part. Si bien que l'on pourrait écouter Bauhaus aujourd'hui comme s'il s'agissait d'un nouveau groupe issu de la scène rock, dont on dirait qu'il est assez surprenant et finalement très novateur. Pour s'en convaincre, il suffit de se repasser des titres comme Of Lillies And Remain, kick In The Eye ou encore Mask, qui donnent non seulement à entendre l'étendue de leur talent, mais encore finissent par convaincre qu'après Bela Lugosi et le punk, le Bauhaus lui, n'est pas mort.

Bauhaus, "Mask"
A écouter également, "In The Flat Field"

mercredi 11 février 2009

Cool Lesson

Je m'entends souvent dire - je suppose que c'est pareil pour vous -, lorsque j'affirme quelque chose ou lorsque j'en annonce une autre, "oh cool !" hum oui... sauf que bon... je ne suis pas toujours sûre que le propos ou les circonstances se prêtent à ce genre de réponse, voire même n'ont carrément rien à voir avec l'énoncé initial. Mais c'est vrai que cette formule magique a l'avantage de contenter tout le monde ou du moins d'apaiser les tensions latentes, si ce n'est de clore le débat. Dans ce domaine, il y en a au moins un qui a tout compris et qui plutôt que de jouer sur les mots préfère jouer avec les notes. Moi qui n'y connais pourtant pas grand-chose en jazz, je ne peux rester insensible à la musique de Chet Baker. C'est d'ailleurs très certainement grâce à lui que j'ai un jour daigné prêter une oreille attentive à cette école. Et ce jour est béni, car depuis je ne me lasse pas d'écouter ses oeuvres. Sa musique est d'ailleurs très caractéristique de cette posture qu'on voudrait tous pouvoir adopter définitivement, afin sans doute d'avoir le sentiment que rien n'est grave, que tout est finalement très relatif et que tout baigne. En attendant que ça nous arrive - car il ne faut pas désespérer -, rien ne vaut Chet Baker comme maître à penser.

Chet Baker, "Prince Of Cool"

mardi 10 février 2009

Atmosphere

S'il vous arrive de souffrir d'insomnie ou du moins de veiller tard la nuit - lorsque tous les chats sont gris -, vous seriez bien inspirés de tenter une petite intrusion vers cet espace azuré qui vous nargue impassiblement. Une nappe de sons électro-dub s'insinuera calmement au milieu de votre nuit agitée et vous aurez alors l'impression de n'avoir jamais plus aimé la nuit, que depuis le jour où vous avez renoncé à vous coucher de bonne heure. Quant à ceux pour qui le problème est inversement proportionnel, vous aurez le sentiment de n'avoir jamais eu à perdre votre sérénité diurne depuis que le monde est monde. C'est en tout cas ce que l'écoute de cet album donne à croire, et c'est finalement bien agréable de se laisser prendre à de pareilles ambiances, de jour comme de nuit.

Echospace Label, "Intrusion - The Seduction Of Silence -"

lundi 9 février 2009

Whirl Raining Snow

Une fine pluie de neige s'est mise à tomber ce soir. Sur le bord de la fenêtre, située sous les toits, on peut voir le tourbillon neigeux accélérer à une vitesse affolante. Plus bas, en suivant sa trajectoire, on le voit pourtant se poser délicatement sur le sol humide, comme s'il avait été freiné dans sa course par une vision inattendue. Un peu comme cet album qui débute par des morceaux instumentaux pour plus loin et par intermittence, pousser discrètement la voix. La musique, à la fois sagement planante et follement psychédélique se suffit à elle-même. Point n'est besoin de chanter plus, les musiciens sont à l'honneur. Et le décor qui s'est planté, que je vois depuis ma fenêtre, pourrait bien être celui qui a inspiré ces instrumentistes presque muets. L'intensité sonore qui se dégage de cet opus nous ferait presque regretter la grisaille des jours de pluie, où la parole semble inutile. Alors, on se mettra peut-être à regretter la brièveté de ces giboulées saisonnières, mais on gardera une oreille émue par tant de lyrisme mélodique.

The Appleseed Cast, "Sagarmatha"

dimanche 8 février 2009

Heelers

D'aussi loin que je me souvienne, porter des talons aiguilles était une fantaisie propre aux années 90. Si l'invention ne date pas d'hier, ni celle du bas couture d'ailleurs, il est un fait que les dames -et les messieurs - affectionnaient alors tout particulièrement cet apparat de choix. Mais la mode est enfant de bohême et il n'est pas exclu d'en porter aujourd'hui si tant est que l'on y trouve son équilibre. Musicalement parlant, il n'est pas non plus certain qu'ici les amateurs du genre se trouveront contentés. Car le son caractéristique de cette décennie prémillénariste ne semble pas être le fond de commerce de ce groupe pour le moins conservateur. Et c'est une chance, car si l'enseigne n'est pas à la hauteur du stock à tubes que renferme cet album énergique, on y trouvera de très bons titres. Mais qui ont davantage à voir avec les années 70. Dans une veine plutôt glam rock donc et dans un style finalement très reconnaissable. Peu importe d'ailleurs, pourvu qu'on ait l'ivresse. Et surtout n'allez pas tenter de les contredire, vous risqueriez quelques coups portés, aussi profonds que douloureux.

1990's, "Kicks"

Universal Philosophy

Pour rester vigilant et garder le cap, et ainsi éviter de sombrer dans un crétinisme échevelé ou une forme de sénescence prématurée, rien ne vaut les Pixies. Ce groupe fondamentalement novateur a réussi l'incroyable pari de l'intemporalité. Cette vérité a bien entendu été testée et approuvée par mes soins, puisqu'aujourd'hui encore je ne peux que constater l'effet paradoxal que leur discographie opère sur moi. Le secret de cette réussite tient en un mot, l'universalité. Rien n'est caractéristique dans leur démarche, tout est universel. Rien n'est particulier, tout est général. En un mot, philosophique. Car qui n'a pas déjà passé un temps fou à attendre l'être aimé et attendra encore (Here Comes Your Man), qui n'a pas déjà songé au paradis perdu et y songera encore (Monkeys Gone To Heaven), qui n'a pas déjà perdu la tête et la perdra encore (Where Is My Mind) ? Sans compter que, musicalement, les mélodies servent magistralement des textes loin d'être obscurs pour qui sait lire entre les lignes. Est-ce un hasard, une chance ou un signe que la gloire de certains groupes parvienne ainsi à persister dans le temps ? Est-ce un leurre, une manipulation, une injustice ? Comment être certain que le succès qui est le leur est mérité, et non pas le simple effet d'une manipulation de l'opinion acoustique ? Nul ne le sait ni ne le saura probablement jamais. Mais rien n'empêche de se creuser la tête, pour sans doute très vite finir par admettre "Stop ! ... with your feet in the air and your head on the ground, try this trick and spin it, yeah, your head will collapse, but there's nothing in it, and you'll ask yourself..."

The Pixies, "Doolittle"
A écouter également, "Surfer Rosa" & "Bossanova"

samedi 7 février 2009

Blessed Sleepwalker

Pour apaiser les esprits foudroyés par l'indomptable Irlandaise, sans pour autant risquer de retomber dans une nonchalance hébétée, il pourrait s'avérer astucieux de déléguer cette humeur embarrassante à quelque chanteur bien inspiré d'en faire de jolis couplets. Pour ce faire, The Leisure Society arrive à point nommé. La voix, qu'on sent par moments comme découragée, presque sur le point de s'assoupir, donne l'impression de chanter au pays des songes. Agrémenté d'instrumentations minimalistes qu'on jurerait avoir été empruntées à un fabricant de poupées, l'album donne le sentiment de se trouver emporté par un manège, mais dont la vitesse aurait été réduite et sans qu'il soit jamais plus possible de l'arrêter. Les choeurs qu'on trouve posés ça et là accentuent l'impression de faire un somme enchanté. On ne s'étonnera donc pas de trouver le repos à l'issue de cet épisode délicieusement indolent.

The Leisure Society, "The Sleeper"

vendredi 6 février 2009

Constance & Boldness

Hier encore je questionnais une de mes connaissances à propos du mois de février, que décidément je trouvais peu sujet à la rêverie. L'hiver commence désespéremment à s'attarder et le printemps est encore incroyablement loin. Et puisque la saison prend ses aises, j'ai pensé qu'il me faudrait beaucoup de foi et de courage pour poursuivre ma chronique sans manquer de sombrer dans un état taciturne, proche de la torpeur. Afin d'y remédier j'ai songé que Sinéad O'Connor me serait d'un certain secours, car, il faut bien l'admettre, la dame a de quoi réveiller un mort. Outre les prises de positions sulfureuses qui furent les siennes et son allure quelque peu iconoclaste, sa voix est d'une telle puissance qu'il est presque impossible d'y rester indifférent. Mais pour s'en rendre compte, il faudrait pouvoir passer en revue l'ensemble de sa discographie, qui compte un nombre conséquent de succès et de collaborations inestimables. Je m'en vais pour l'heure les réécouter, certaine d'y trouver l'aplomb et la constance que j'y avais trouvés, il y a quelques années déjà.

Sinéad O'Connor, "Faith & Courage"
Star Selection*
- I'm Stretched On Your Grave
- Fire On Babylon
- Mandika
- Thank You For Hearing Me
- The Lamb's Book Of Life

jeudi 5 février 2009

Natural Boots Songs

Puisqu'il n'est pas encore question de quitter ses bottes et que l'écharpe est toujours encore de rigueur et à moins d'avoir beaucoup mieux à faire, il pourrait être plaisant de tendre l'oreille vers cette Américaine, en provenance directe de Seattle. Vraisemblablement conçu en hommage aux plus beaux paysages du Colorado - dont elle est originaire -, l'album qui nous est proposé est un recueil de titres country aux accents rock and folk. La description vaut ce qu'elle vaut, mais elle ne ment pas ! Le mieux serait donc de l'écouter pour être absolument certain d'aimer cette voix frêle et délicate, qui vous donne l'impression d'être caressé par la bise alors que vous progressez lentement vers votre logis, après avoir passé l'après-midi à vous promener dans les bois. Baker Lake, Runnin' Your Way ou encore Happy When I'm Gone font partie de mes préférés, mais l'ensemble est à l'avenant. Et il serait dommage de se priver de ces longues sorties pédestres qui ont le don de nous rappeler à quel point la nature peut parfois être belle.

Sera Cahoone, "Only As The Day Is Long"

mercredi 4 février 2009

Entertaining Folk

En observant patiemment cette image, sans aucune autre référence que la représentation de ce profil féminin émergant d'une cascade de cheveux roux, à quoi peut-on bien songer ? C'est bien le genre de question que je me suis posé lorsque je suis tombée dessus. J'ai pensé à de la musique industrielle, à quelque chose d'expérimental, ou du moins à quelque chose d'assez dissonant. Rien que le titre Headless Heroes n'augurait rien qui puisse respirer le luxe, le calme et la volupté. C'était mal connaître le cerveau agité de son ingénieux concepteur. Car sur le fond, tout est beauté, lustre et magnificience. Et le fond, ce n'est ni plus ni moins qu'Alela Diane, que l'on connaît déjà comme ayant commis un album en solo et qui pour l'occasion a jugé bon de s'entourer. Le fil rouge, c'est elle, et sa voix si particulière, reconnaissable entre mille, est la même. Mais musicalement, on quitte les terres du folk authentique pour rejoindre celles plus distrayantes de l'expérimentation. Au final, on trouve de vraies perles comme True Love Will find You In The End ou encore Just Like Honey, et on finit par penser qu'entre deux traditions, la récréation lui va très bien.

Headless Heroes, "The Silence Of Love"
A noter que l'ensemble des titres proposés sont des reprises.

mardi 3 février 2009

Shadow Tales

Croisé furtivement en fin de show, c'est dire si je n'ai absolument rien vu de la prestation de celui qui resta longtemps pour moi un fantôme. C'est finalement au coeur de l'hiver que je parviens à mettre une voix sur cette ombre insolite. J'écoute alors amusée le chapelet de chansons qui s'offre à moi, sans cesser de songer à la voix de celui auquel une de mes connaissances a longtemps - mais sûrement - voué le culte le plus féroce qui soit. The Legendary Pink Dots, mais c'est bien sûr. En voilà un - Leo88Man - qui aura su perpétuer le chant énigmatique de celui - Edward Ka Spel - qui aura réussi à faire de mon ami - la connaissance - un apôtre convaincu. La comparaison s'arrêtera là. Car les compositions conservent le charme de la nouveauté, grâce à l'instrumentation, qui emprunte timidement au champ expérimental tout en conservant la ligne folk initiale. Et si le versant musical se fait plutôt discret, voire minimaliste, c'est sans conteste pour mieux apprécier les talents vocaux de celui qui paraît chanter pour mieux conter.

Leo88Man, "Drownin' By Waiting"

lundi 2 février 2009

Short-Lived Stars

Découverts pas plus tard que cet après-midi, alors que j'en étais encore à songer aux déconvenues du plus grand crooner de la planète Indie, me voilà partie pour un voyage d'un tout autre genre. La musique des Boxer Rebellion n'a pourtant rien d'inédit. Ici rien n'est fait pour innover, au contraire même, tout est fait pour revisiter. C'est du déjà-vu, c'est revu et à peine corrigé. C'est donc clairement un album qui restera confidentiel. Cela dit rien n'empêche d'apprécier ce son rock très caractéristique de nos amis d'Outre-Manche, qui pour l'occasion ont jugé bon de s'inspirer d'un autre groupe très connu et dont je tairai le nom, histoire de vous faire cogiter un peu. On se contentera donc d'apprécier simplement cet album, sans en attendre autre chose que le plaisir de l'écoute et tout en réservant nos louanges à des groupes plus novateurs.

The Boxer Rebellion "Union"

Voice Fires

La rudesse des nuits d'hiver vous porte à rêver à quelques horizons plus propices à combler votre coeur refroidi par des frimas trop hostiles, votre corps vous commande de vous chauffer aux meilleurs feux de bois, et votre âme n'en peut plus d'attendre le printemps qui n'arrive pas. Alors ce disque est fait pour vous. Dans votre impatience, il saura vous faire apprécier la saison froide comme aucun autre. Avec pour seule étoile la voix chaude, presque incandescente de Léonard Cohen, vous trouverez de quoi vous accompagner agréablement. I'm Your Man est loin d'être son meilleur album -quoique sa meilleure résolution-, mais on y trouve quelques morceaux d'anthologie. De Everybody Knows, chanson douce-amère au fameux titre éponyme I'm Your Man, notre serviteur désabusé parvient non seulement à maintenir allumée la flamme qui manquait de s'éteindre, mais encore il aura su composer pour nous un menu des plus chaleureux.

Leonard Cohen, "I'm Your Man"

dimanche 1 février 2009

Rich Ground

Beaucoup vous diront que les soirs de pleine lune, il se passe des choses inédites. Des choses plutôt inquiétantes d'ailleurs, à la limite du paranormal. L'esprit tout entier semble comme attiré par les hauteurs célestes, comme magnétisé par la voûte, où brille impassible et parfait l'astre lunaire. Pour les High Dials, pas de doute possible, il y a une vie sur cet ailleurs. C'est en tout cas là-haut qu'ils donnent l'impression d'avoir composé leur album. Le paysage, qu'on imagine déserté, apparaît pourtant comme une terre d'accueil, riche d'inspirations et d'intuitions fertiles. La musique qui s'en dégage alors semble comme baignée par un halo lumineux, le même que celui qui se dégage de cet astre nocturne dans sa période la plus faste. Dans cette obscurité lumineuse, on est heureux de savourer les quelques titres livrés pour notre seul bon plaisir. De These Days Means Nothing To Me aux francs accents psychédéliques à Oisin, My Bastard Brother, nettement plus emporté, on est ravi d'avoir fait le déplacement et on imagine déjà notre prochain séjour.

The High Dials, "Moon Country"

samedi 31 janvier 2009

Blue Medecine

Pour marquer l'histoire de la musique indépendante de façon indélébile, il n'y a pas trente-six solutions. Il faut innover. Partir de presque rien pour trouver presque tout. Ou au moins donner l'impression de ne rien devoir à personne. A la façon de ce groupe venu du fin fond de l'Angleterre en l'an 1994 et qui, paré d'une modestie étonnante, parvient à surprendre tout le monde. Moi y compris. Le son qui se dégage de Dummy est irrésistiblement ensorcelant, au début on prête vaguement l'oreille et curieusement on s'aperçoit qu'on ne parvient plus à s'en défaire. C'est comme un cadeau empoisonné. A la manière d'un puits sans fond, rien ne porte à la consolation dans cette musique sombre comme le bleu de la pochette. Au milieu de cette mélancolie saisissante, la voix claire de Beth Gibbons émerge comme pour mieux nous maintenir à la surface. Comme lors de ce concert, auquel j'ai assisté, et durant lequel la dame semblait chanter pour mieux nous faire oublier le son tourmenté au milieu duquel elle donnait l'impression de se débattre. Dans cette lutte sonore, on pouvait deviner que la bataille était perdue, que ses démons la poursuivraient longtemps encore et qu'elle resterait ce mannequin originel qui l'a vu naître. Un mannequin obstinément voué à servir une musique douloureusement consolante.

Portishead "Dummy"

vendredi 30 janvier 2009

Fantastic Ballad

Si je n'avais pas assidûment fréquenté les salles obscures, je crois que je n'aurais jamais su apprécier ce disque à sa juste valeur. C'est clairement un disque de cinéma.
C'est la chevauchée fantastique transplantée dans vos écouteurs. C'est rapide, conquérant, et ça suppose de maîtriser sa monture mieux que jamais. C'est un disque de haute voltige, acrobatique, un truc qu'on savoure la tête en bas, en se balançant furieusement. Rien que pour les sensations, ça vaut vraiment le détour. On l'écoute au galop, avec la sensation d'être le maître du monde (The Age Of Understatement), sans pour autant oublier qu'on est mortel. Ce qui fera qu'on évitera de prendre trop de risques, histoire de ne pas mourir trop tôt, afin de pouvoir régner encore longtemps (My Mistakes Were Made For You). Quoi qu'il en soit, l'ensemble de l'album est une belle réussite, jamais en perte de vitesse, et toujours prêt à vous emmener faire un tour.

The Last Shadow Puppets, "The Age Of Understatement"

jeudi 29 janvier 2009

Absent Subscriber

Voici le disque qui m'a définitivement réconcilié avec mes Doc Martens, celui grâce auquel je comprends mieux la fascination qu'a pu exercer sur moi la musique underground des années 80. Celle qui passait en club notamment et qui faisait danser d'étranges personnages, tous plus excentriques les uns que les autres. C'est sans conteste un disque froid, septentrional même, mais paré de mélodies absolument fabuleuses. Un peu comme ces godillots sur lesquels se tenaient mes danseurs nocturnes, et qui n'empêchaient pas qu'on arbore les parures les plus sophistiquées. Les morceaux regorgent en effet d'instrumentations inédites et sont à la fois suffisamment longs et complexes pour finir par devenir parfaitement entêtants (Budapest ; Carrie Ann). Les voix sûres et détachées, comme hermétiques, ont ce pouvoir étrange de savoir vous hanter sans vous importuner. On écoute ce disque en étant absent à soi, aux autres, comme par enchantement.

Poni Hoax, "Poni Hoax"

mercredi 28 janvier 2009

Ride Collection

A l'école des hommages, on n'est jamais sûr de rien. On peut être tout à la fois sincère et n'avoir rien compris, ou parfaitement désinvolte, et avoir tout saisi. Là où l'exercice constitue un risque pour certains, il apparaît pour d'autres comme un véritable coup de génie. A l'image de ce titre d'Iggy Pop que les Siouxsie & The Banshees ont littéralement canonisé comme si de rien n'était. L'élève a ici définitivement dépassé le maître, qu'on laissera bien qu'à regret gisant sur le bas-côté. Pour entonner de plus belle "Oh the passenger how how he rides, oh the passenger he rides and he rides, he sees things from under glass, he looks through his windows eye". A cette allure, même si on n'est jamais sûr de rien, on a quand même l'intuition qu'il n'est pas question de regarder en arrière, que le compteur qui défile est une vraie bénédiction et que l'horizon qu'on aperçoit est une promesse. En attendant de se retrouver soi-même perdu quelque part entre le bitume et la naphte, on aura au moins eu la chance de voir défiler sous nos yeux mille et une images qui seront autant de clichés qu'on ajoutera à notre collection.

Siouxsie & The Banshees, "Through The Looking Glass"

mardi 27 janvier 2009

Delicacies

Cette belle au bois chantant qu'on dirait tout droit sortie d'un conte pour adolescents a l'avantage de posséder un organe vocal positivement réjouissant.
Fidèle à ses poses romantiques, ses compositions ont le don de vous emmener dans un endroit tenu secret, mais dont vous posséderiez les clés. A peine voilés par la mélancolie, mais toujours encore bercés par la ferveur, les quelques titres qu'on trouve sur cet album sont un ravissement pour l'oreille.
Usant du piano autant que de la guitare, le rendu est éclectique sans pour autant perdre de son unité. On pense à Hope Sandoval, à qui Miranda Lee Richards aurait subrepticement succédé sur le sol vénusien. Un astre parmi les étoiles qui vous apprend sans vous forcer, avec finesse et distinction, l'art et la manière d'être un fin gourmet.

Miranda Lee Richards, "Light Of X"

lundi 26 janvier 2009

False Prophet

Ce joyau prémillénariste a rejoint les rangs de ma géniale discothèque de façon totalement éhontée. Comme quoi même sans le sou, certains sont parfois prêts à braver tous les interdits pour vous honorer. Et si l'honneur est sain mais pas sauf, on prendra quand même à coeur et à cris d'écouter le fruit du larcin maudit. A une époque où le talent du très controversé Tricky avait un parfum de scandale, il paraissait dérangeant de goûter aux oeuvres d'un type tout droit sorti du ghetto. Même si son premier album Maxinquaye avait reçu un accueil élogieux, on n'en attendait pas moins la suite avec circonspection. On a bien fait d'attendre, car la suite, quoique beaucoup plus sombre, est une franche réussite. Toujours un peu à part mais jamais vraiment seul, l'homme sait s'entourer. La voix de Martina Topley-Bird lui sert ainsi de prétexte et de toile de fond pour dérouler d'inquiétantes litanies (Christian Sands; Tricky Kid; Makes Me Wanna Die), teintées d'onirisme et de regrets. Le présage est funeste, mais l'histoire est en marche, et le nouveau siècle à venir aura finalement réussi à faire mentir celui de qui on n'attendait plus rien et qui aura pourtant beaucoup donné.

Tricky, "Pre-Millenium Tension"

Unknown Prayer

Voici un folk band au moins aussi talentueux que discret. Visiblement désireux d'être pionniers, les trois garçons ont opté pour la confidentialité la plus stricte. C'est à peine s'ils se risquent à dévoiler leur identité. Un philosophe célèbre se plaisait à dire que les grands esprits avancent masqués. En voilà donc qui se font un plaisir d'appliquer le précepte à la lettre. Pas d'album donc, mais une poignée de titres parfaitement réussis. La voix est plombée, dense et sèche, comme saturée par un soleil éternel. Le débit est impassible, comme perdu entre le murmure, la prière et l'invocation. Il manque le souffle, ici on ne respire pas, on suffoque. Et aussi étrange que cela puisse paraître, on prend plaisir à rester là, étendu sur le sable du Nouveau Mexique, assommé par ces visiteurs étranges et messianiques, sans toit ni loi, aussi talentueux qu'anonymes.

The Pioneers Of Prime Time Tv.

dimanche 25 janvier 2009

Vapor Girl

Croisée au détour d'une soirée musicale plutôt réussie, je dois dire que l'univers de cette Californienne qui vous observe sans vous voir, avait tout pour retenir mon attention. Une allure d'abord, une voix ensuite. Une sorte de poupée mutine façonnée pour l'élégance mais résolument vouée à l'indépendance. Comme un voeu sur le point d'être exaucé pour être aussitôt abandonné, Brisa Roché déroute. Ses textes sont certes fouillés mais tout à la fois désordonnés. A mi-chemin entre la chanson de choix et le jazz classieux, l'album semble annexé par bien des influences.
Le titre Billionaire est une jolie réussite et de loin mon préféré. Il semblerait par ailleurs que le répertoire qui lui convienne le mieux soit celui dans lequel il lui sera toujours possible de changer de ton et d'histoire, sans jamais être obligée de se fixer. Une espèce de nomadisme musical qui laisse à l'auditeur le loisir de s'attarder, pendant que la dame aura déjà songé à changer de route ou de registre.

Brisa Roché, "The Chase"

Two Karat Boys

Cet album est la preuve par un qu'on peut faire du très bon rock à deux, qui plus est lorsqu'on est suédois et fier de l'être. Mieux, on peut être deux et avoir l'air d'être énervé pour quatre. Le rock de Johnossi fait donc double-emploi.
Non seulement il vous secoue une assemblée comme un seul homme, mais en sus il vous épargne d'avoir à vous perdre dans les noms de chacun des membres qui composent généralement un groupe.
Etre énervé donc, c'est tout un art. Car l'exercice, loin de consister à hurler sauvagement son mal-être existentiel, suppose de maîtriser certaines nuances dans l'emportement. D'abord les textes, qui sont certes rageurs mais tout de même joliment écris et pensés. La voix ensuite, qui passe facilement d'un ton grave à un ton plus aigu et qui bien que paraissant surgir du fin fond des entrailles de son propriétaire, donne l'impression d'être parfaitement maîtrisée. A ce titre 18 Karat Gold est un morceau de choix. Les mélodies aussi qui, loin d'être assénées, sont pour le coup tout à fait séduisantes. Bref, en deux mots comme en un, Johnossi c'est du rock énervé fait par des punks doués pour des personnes très raffinées.

Johnossi, "All They Ever Wanted"

samedi 24 janvier 2009

High Security

Instantanément, quand je pense à cet album, j'ai une image en tête. Un clip, plutôt. Celui devant lequel j'avais retrouvé un ami qui, après avoir passé l'après-midi à s'interroger sur la technique utilisée par Gondry, tout en se repassant copieusement les mêmes images avec un entêtement proche de l'hérésie, avait finalement réussi à me fasciner à mon tour. Dans notre folie commune, nous invoquions toutes sortes de procédés capables de rendre pareil résultat. On a je crois tout imaginé, sans grand résultat d'ailleurs. Si bien que je décidai pour ma part de le laisser à ses divagations, que je jugeais menaçantes pour mon équilibre mental, afin de plutôt m'attarder sur l'album. Le titre phare notamment, Protection, qui figure en ouverture, est un concentré de perfection trip-hop. On ne peut pas ne pas aimer ce son saturé de basses, qui vous berce profondément et qui vous maintient comme en apesanteur, sans jamais vous endormir totalement. Plus un coeur bat lentement, plus il est fort et puissant. Un peu comme ce disque, qui semble vraiment avoir été conçu pour notre sécurité.

Massive Attack, "Protection"

jeudi 22 janvier 2009

Sweet Revolt

Eté 95, sur les routes de France, la liberté n'a jamais eu ce goût. Chaque note de musique nous rappelle à quel point la vie est belle. Entre deux morceaux, notre joie redouble. Au lieu d'être pressés d'arriver, on a juste envie de se perdre. Sur une butte près de la route, on trouve une enclave, un terrain abandonné, déserté, sillonné par les roches. On s'installe, on savoure, on n'attend plus rien. La cassette passe, repasse, elle nous sert les mêmes refrains depuis notre départ. Plus loin, près de la frontière suisse, on se fera arrêter, on trouvera ça très drôle. Parce qu'on aura eu le temps d'apprendre tous les titres, et que s'imaginer les chanter au douanier, entre deux fouilles, ça nous amuse beaucoup. Mais on n'aura pas eu l'occasion de le faire, on aura coupé la sono et rangé nos mégots. Après tout, la vraie révolte est intérieure, presque aussi lumineuse et colorée qu'un tempo et au moins aussi sage et emportée qu'un solo.

Bob Marley, "Uprising"

mardi 20 janvier 2009

Night Promises

L'épisode berlinois touche à sa fin. Le mur s'est effondré et la chute a été consommée. Quelques années me séparent de la prochaine étape, mais j'oublie d'avancer. Avec quelques accords majeurs, Mazzy Star et ses démons me ramènent là où j'étais allée. Ce titre qui inaugure l'album Fade Into You est un puissant sédatif. C'est une chance que de pouvoir consommer sans modération un poison aussi redoutable. Mais aussi, c'est un privilège que de se le voir administrer par Hope Sandoval. Sans vouloir avoir l'air d'insister sur un aspect souvent jugé superficiel, je ne peux m'empêcher d'y voir l'effet d'un hasard heureux. Son profil sert si bien ses textes, qu'on voudrait pouvoir ne plus écouter autre chose. Mais c'est un disque auquel on reviens toujours, tôt ou tard. C'est un disque qui s'insinue lentement dans votre vie et qui y prend place sans bruit, qui vous promet beaucoup et qui ne vous déçoit jamais.


Mazzy Star, "So Tonight That I Might See"
A écouter également Hope Sandoval & The Warm Inventions, "Bavarian Fruit Bread"

lundi 19 janvier 2009

Berlin Time

L'ennui avec Bowie, c'est que d'album préféré, j'en ai pas. J'aurais pu, mais non. Je n'ai que des singles en tête. Les plus connus, les meilleurs, les plus mauvais, les plus poignants.
Bowie, c'est pas un disque, encore moins un "meilleur" disque, Bowie pour moi, c'est une époque.
Avec ses hauts, ses bas, ses nouveautés, ses privilèges, ses espoirs et ses désillusions. Et c'est aussi un film.
C'est le Berlin des années 70, le mur, une station de métro, une boite de nuit, un concert, le concert, un immeuble, Christiane, la dope, la jeunesse, l'ennui, la prostitution, la chute. C'est aussi un livre, dévoré dans la nuit. Alors c'est vrai, Bowie c'était gris, Bowie c'était triste, mais à seize ans, on trouve encore que la mélancolie, c'est beau. On se dit qu'on a toute la vie pour être heureux, alors on s'attarde sur des récits de pluie. Et comme la frontière n'est pas très loin, on passe facilement de l'autre côté, la musique nous porte, on n'a pas vraiment peur, on est au coeur du récit, notre idôle à nos côtés, ses plus beaux textes en tête.
C'est un tourbillon, une course, un retour en arrière, les années 70 mode années 80. C'est une bande originale et c'est fait pour être vu.

David Bowie, "Original Soundtrack, Christiane. F, Wir Kinder Vom Bahnhof Zoo"

samedi 17 janvier 2009

Think

A ce jour, je ne sais toujours pas s'il faut s'en remettre à la phonétique du nom, mais une chose est sûre, c'est que ce type a passé un temps considérable à penser. Ou du moins donne-t-il l'impression d'être particulièrement doué pour l'introspection. Rien qu'à voir la pochette, on l'imagine difficilement composer ses titres le nez en l'air, la bouche en coeur, l'humeur au vent. De la réserve, de la concentration et du sérieux. Voilà ce qu'il faut à ce cerveau génial pour produire des morceaux d'une qualité indiscutable. Sa particularité ou son tour de force, résident dans cette capacité à unir sous un même étendard deux écoles quasi-antagonistes. Le folk millénaire et l'électronique moderne. Plutôt que de chercher à renouveler un genre, Fink préfère en inventer un. Il n'est sans doute pas le premier à s'être risqué sur ces voies inconnues, mais je ne peux m'empêcher d'aimer sa musique hypnotique, par moment saccadée, presque transcendante, et qui, soutenue par des textes à l'avenant (Trouble's What You're In; Blueberry Pancakes; Under The Same Stars) et une voix oscillante, un brin rocailleuse, me donne finalement envie de... réfléchir! Ce qui n'est quand même pas donné à tout le monde, vous en conviendrez.
C'est donc un album teinté d'une certaine nostalgie, qui fait la part belle au temps, à la distance et à la pensée.

Fink, "Distance & Time"
A écouter également l'excellent "Biscuits For Breakfast"

vendredi 16 janvier 2009

Fa Fa Fa Fa Fashion

Initiales J.J.
Forcément ça vous rappelle quelque chose et forcément vous vous dites, c'est bon, le concept a été usé jusqu'à la corde et le mieux pour tout le monde serait de le laisser reposer en paix (le concept, pas le monde!).
Et vous n'avez pas tort, sauf que, y'a que les imbéciles qui ne changent pas d'avis. De ce fait, vous concédez à réviser votre jugement, ou du moins vous cherchez à mieux connaître ce duo français exilé à Londres.
A première vue, c'est plutôt chic, à l'écoute c'est carrément classe (20 L 07). Eh oui, on ne change pas une équipe qui gagne.
Ouvertement inspiré par la crème de la musique française et la scène underground issue de la célèbre Factory, le duo se plaît à nous donner une vraie leçon de style. Et ça marche. Tant et si bien qu'on se met à révasser aux futurs clichés qu'on ne manquera pas de prendre lorsqu'on aura enfin réussi à convaincre notre moitié que la musique... c'est chic!

John & Jehn, "The Debut Album"

jeudi 15 janvier 2009

Winter Spring

La simplicité affichée de cet opus aurait de quoi en détourner plus d'un qui chercherait quelque divertissement musical, capable de satisfaire sa fantaisie du moment. Et pourtant, Dieu sait que l'habit ne fait pas le moine, aussi austère soit-il (l'habit, pas le moine!).
La leçon a beau être apprise depuis longtemps, j'en connais plus d'un qui détournerait le regard pour beaucoup moins. Grave erreur, Grand Archives est tout sauf ce que laisse présager la pochette. A l'intérieur, c'est le printemps, et quel printemps! Jamais la nature ne vous paraîtra plus radieuse que lorsque vous aurez entendu cet hymne, véritable cantique à la saison séminale (Setting Sun ; Sleepdriving ; Louis Riel).
D'ailleurs, si les sons de Grand Archives étaient des couleurs, il y en aurait vraisemblablement pour tous les goûts. Vert, jaune, rouge, blanc, turquoise, orange, etc...
Et si en définitive vous vous retrouvez sans plus savoir à quel moine se vouer, c'est que vous aurez sans doute songé à ressortir votre imprimé préféré et qu'il fait -5 degré dehors...

Grand Archives, "The Grand Archives"

mercredi 14 janvier 2009

Jewel

Un petit bijou de musique folk, voilà ce que cet album m'inspire. Difficile de faire plus authentique et plus précieux. Déposé dans mon coffret, il y a à peine quelques semaines, je n'ai pas résisté longtemps au charme de ce bel ouvrage.
Pour la peine, je l'écoute presque chaque jour, et rien ne semble pouvoir l'altérer. La matière est si noble et la maille si travaillée, que je suis presque certaine de pouvoir l'écouter longtemps encore.
Les voix sont fragiles, presque lointaines, et l'instrumentation traditionnelle. Le jeu est simple, dépourvu d'effets. Mais le résultat est délicat, d'une extrême finesse. On aurait vraiment tort de se priver de ce joyau ciselé dans la plus pure tradition folk, par des mains expertes (seize au total). En attendant, il n'est évidemment pas question pour moi de vous prêter le mien, mais si j'étais vous, je songerais sérieusement à me le faire offrir.

Shoreline, "Time Well Spent"