Ce joyau prémillénariste a rejoint les rangs de ma géniale discothèque de façon totalement éhontée. Comme quoi même sans le sou, certains sont parfois prêts à braver tous les interdits pour vous honorer. Et si l'honneur est sain mais pas sauf, on prendra quand même à coeur et à cris d'écouter le fruit du larcin maudit. A une époque où le talent du très controversé Tricky avait un parfum de scandale, il paraissait dérangeant de goûter aux oeuvres d'un type tout droit sorti du ghetto. Même si son premier album Maxinquaye avait reçu un accueil élogieux, on n'en attendait pas moins la suite avec circonspection. On a bien fait d'attendre, car la suite, quoique beaucoup plus sombre, est une franche réussite. Toujours un peu à part mais jamais vraiment seul, l'homme sait s'entourer. La voix de Martina Topley-Bird lui sert ainsi de prétexte et de toile de fond pour dérouler d'inquiétantes litanies (Christian Sands; Tricky Kid; Makes Me Wanna Die), teintées d'onirisme et de regrets. Le présage est funeste, mais l'histoire est en marche, et le nouveau siècle à venir aura finalement réussi à faire mentir celui de qui on n'attendait plus rien et qui aura pourtant beaucoup donné.Tricky, "Pre-Millenium Tension"
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