dimanche 11 janvier 2009

Folk Complexion

Le blanc aurait pu être ma couleur préférée, mais c'est un fait qu'il ne me va pas au teint. Je me contenterai donc de conseiller à celles que le sort a doté d'une sombre carnation, d'en user audacieusement, tant il me semble que l'éclat de cette teinte peut être séduisant.
Cette réflexion ne paraît pas s'être posée à l'insondable Emily Jane White, pour qui se recouvrir d'un voile immaculé, à défaut d'une mine réjouit, est une façon propice de signifier que le désenchantement n'est pas loin.
La voix est amère mais pourtant aérienne, elle affleure, et pourtant elle est un souffle. C'est dire si l'inspiration vient de loin, sans oublier l'hommage (Bessie Smith), en passant par l'expiation notoire de ses amours déchues (Hole In The Middle ; Blue ; Wild Tigers I Have Known).
La damnée a tout d'une grande et ses influences gothiques n'y sont pas étrangères. Mais c'est du folk qui se joue ici, sur la scène de ses démons intérieurs, qui comme autant de cordes pincées finiront par avoir raison de nous. Alors, si vous n'êtes pas à la fête, à la manière d'Emily, songez à revêtir un voile blanc, on n'aura pas l'audace de vous trouver la mine défaite.

Emily Jane White, "Dark Undercoat"

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