lundi 19 janvier 2009

Berlin Time

L'ennui avec Bowie, c'est que d'album préféré, j'en ai pas. J'aurais pu, mais non. Je n'ai que des singles en tête. Les plus connus, les meilleurs, les plus mauvais, les plus poignants.
Bowie, c'est pas un disque, encore moins un "meilleur" disque, Bowie pour moi, c'est une époque.
Avec ses hauts, ses bas, ses nouveautés, ses privilèges, ses espoirs et ses désillusions. Et c'est aussi un film.
C'est le Berlin des années 70, le mur, une station de métro, une boite de nuit, un concert, le concert, un immeuble, Christiane, la dope, la jeunesse, l'ennui, la prostitution, la chute. C'est aussi un livre, dévoré dans la nuit. Alors c'est vrai, Bowie c'était gris, Bowie c'était triste, mais à seize ans, on trouve encore que la mélancolie, c'est beau. On se dit qu'on a toute la vie pour être heureux, alors on s'attarde sur des récits de pluie. Et comme la frontière n'est pas très loin, on passe facilement de l'autre côté, la musique nous porte, on n'a pas vraiment peur, on est au coeur du récit, notre idôle à nos côtés, ses plus beaux textes en tête.
C'est un tourbillon, une course, un retour en arrière, les années 70 mode années 80. C'est une bande originale et c'est fait pour être vu.

David Bowie, "Original Soundtrack, Christiane. F, Wir Kinder Vom Bahnhof Zoo"

1 commentaire:

  1. "A 16 ans, on trouve encore que la mélancolie, c'est beau." Mieux, on l'érige en oeuvre d'art, on la façonne en éthique de la quotidienneté, et Bowie n'est jamais bien loin. Faut-il persévérer dans cette profession de foi romantique ? Je ne crois pas - il y a longtemps que nous avons réappris à rire. Ou alors par amour, par fidélité à l'enfance, ce qui n'est pas offert à tout le monde. Alors voilà, cette chronique est l'occasion de remercier Bowie à travers le temps, et on offrira volontiers l'un de ses excellents albums à nos neveux et à nos nièces pour leur prochain anniversaire. Au milieu du brouhaha actuel, leur oreille saura nous en être reconnaissante.
    LiB

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