Pour rester vigilant et garder le cap, et ainsi éviter de sombrer dans un crétinisme échevelé ou une forme de sénescence prématurée, rien ne vaut les Pixies. Ce groupe fondamentalement novateur a réussi l'incroyable pari de l'intemporalité. Cette vérité a bien entendu été testée et approuvée par mes soins, puisqu'aujourd'hui encore je ne peux que constater l'effet paradoxal que leur discographie opère sur moi. Le secret de cette réussite tient en un mot, l'universalité. Rien n'est caractéristique dans leur démarche, tout est universel. Rien n'est particulier, tout est général. En un mot, philosophique. Car qui n'a pas déjà passé un temps fou à attendre l'être aimé et attendra encore (Here Comes Your Man), qui n'a pas déjà songé au paradis perdu et y songera encore (Monkeys Gone To Heaven), qui n'a pas déjà perdu la tête et la perdra encore (Where Is My Mind) ? Sans compter que, musicalement, les mélodies servent magistralement des textes loin d'être obscurs pour qui sait lire entre les lignes. Est-ce un hasard, une chance ou un signe que la gloire de certains groupes parvienne ainsi à persister dans le temps ? Est-ce un leurre, une manipulation, une injustice ? Comment être certain que le succès qui est le leur est mérité, et non pas le simple effet d'une manipulation de l'opinion acoustique ? Nul ne le sait ni ne le saura probablement jamais. Mais rien n'empêche de se creuser la tête, pour sans doute très vite finir par admettre "Stop ! ... with your feet in the air and your head on the ground, try this trick and spin it, yeah, your head will collapse, but there's nothing in it, and you'll ask yourself..."The Pixies, "Doolittle"
A écouter également, "Surfer Rosa" & "Bossanova"
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