Pour ceux qui partagent ce sentiment confus mais sincère que d'être coincé dans la ville mais d'appartenir aux champs, ce disque est fait pour eux. Moriarty donne l'impression d'être là pour leur rappeler ce pourquoi il peut être avantageux de porter des bottes, voire leur indique la meilleure façon de les porter. Car, à la ville comme à la campagne les obstacles paraissent assez nombreux pour exiger d'être correctement botté. Grâce à ce combo franco-américain on ne s'étonnera donc plus de fouler le bitume urbain tel un métayer foulant le sol rural et fécond de terres séculaires et reculées. Un vague sentiment de liberté, accompagné d'un franc plaisir à voir s'offrir toute une vaste étendue désertée s'emparera irrémédiablement de nous et nous fera pourquoi pas songer à une possible reconversion. Pour ceux dont l'horizon s'étend déjà en vertes vallées, Moriarty aura au moins l'avantage de leur faire apprécier ceux à quoi d'autres n'auront peut-être jamais le plaisir de goûter, aussi bien chaussés soient-ils. A ceux-là, comme à la faveur du Jimmy éponyme, il pourrait s'avérer utile de méditer sur les charmes insoupçonnés de la vie agraire.Moriarty, "Gee Whiz But This is a Lonesome Town"
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