jeudi 26 février 2009

Electronics Ballet

Voilà ce qui arrive quand on quitte les terres tourmentées du rock pour rejoindre celles plus modérées de la musique électro-pop. Tôt ou tard, on s'y laisse prendre. On se dit qu'on voudrait pouvoir être capable de refuser tant de confort -après tout l'électronique fait partie du confort moderne -, on voudrait pouvoir être sûr de ne jamais céder à la tentation musico-consumériste qui nous classe d'emblée dans la catégorie des usuriers. Mais la créature est plus forte que son créateur, et les bonnes résolutions sont peu de choses pour peu que le son fasse correctement son travail. Et c'est bien ce qui arrive quand on écoute Erlend Øye. On est ravi de pouvoir se mouvoir sans même savoir quelle pose adopter ni même quel pas enchaîner. On est juste conscient que le tempo est suffisamment entraînant et les mélodies raisonnablement séduisantes pour avoir envie de bouger. Ce qu'on fait volontiers le casque vissé sur les oreilles et les pieds prêts aux plus improbables ballets.

Erlend Øye, "Unrest"

mardi 24 février 2009

Strike Look

Si vous avez l'occasion de faire un peu de route, ou pas d'ailleurs, pensez en partant à vous munir de ce fabuleux concentré musical. Bourré de basses à haut pouvoir décontractant, il vous fera même oublier où vous vouliez aller. C'est qu'on se perd facilement, mais agréablement, au beau milieu de l'univers de celui qui fut un temps apparenté à Tricky. Et l'homme, non content de vous servir un sourire radieux, se fait un devoir de vous tendre les bras chargés d'ondes absolument positives. Loin du stress et du marasme ambiant, le chant de Finley Quaye est furieusement solaire, résolument lumineux et foutrement inspiré. Lorsque vous aurez assimilé le tempo obsédant et pondéré du petit gars originaire d'Edimbourg, rien ne pourra jamais plus vous atteindre. Rien ne semblera pouvoir venir troubler la rythmique heureuse qu'il aura réussi à vous inoculer. Alors un bon conseil, usez et abusez-en, bonne mine garantie !

Finley Quaye, "Maverick A Strike"

lundi 23 février 2009

Grab This Tribute

Un peu moins et je passais mon dimanche à convoiter toutes sortes de pochettes, plus alléchantes les unes que les autres, à la recherche de celle qui pourrait provisoirement tarir ma soif de nouveautés. Un peu plus et me voilà en possession d'un album, qui aura su retenir mon attention pour la journée. Dès les premières notes, j'ai l'intuition qu'il y là quelque chose dont je vais avoir du mal à me défaire. On ne discute pas avec ses influences, on ne négocie pas avec sa culture, cet album est là pour me le rappeler. Pire, on comble ses lacunes. Car s'il est indéniable que The Organ est le pendant féminin des Smiths, je dois avouer que ces derniers n'ont jamais réellement fait chez moi l'objet d'un culte soutenu. Mais la famille est vaste et les quelques autres influences qui hantent cet album suffisent à former un tout, suffisamment cohérent pour que je m'y retrouve. Et l'exercice en forme d'hommage, rendu aux années new wave est ici absolument maîtrisé. Dès l'introduction ( Brother ; Steven Smith ), on devine que ces demoiselles ont parfaitement soigné leur héritage, mais surtout, on comprend pourquoi.

The Organ, "Grab That Gun"

dimanche 22 février 2009

Brown Buckle

Si les absents ont toujours tort et juste pour le plaisir de faire pâlir ce sentencieux dicton, il est un fait que l'absence de certains a parfois du bon. Pour avoir failli à ma mission journalière et n'avoir aucune excuse, je n'en reviens pas moins les bras comblés. Bosque Brown possède ce charme irrésistible qui fait trouver le temps qui passe trop court, pour s'échiner à le garnir. Du jour où je l'ai découvert, je n'ai plus songé à autre chose qu'à l'écouter, pour l'écouter encore, pour l'écouter après, en oubliant que je l'avais déjà écouté une seconde fois, pour finir par ne plus écouter que ça. La simplicité attachante de cet album tient principalement à la présence vocale assidue de son interprète, qui pour l'occasion aura mis tout son coeur dans ses cordes. Je vous laisse imaginer ce qu'il en est de son âme. De la soul minimaliste, voilà ce qu'il en est exactement de cet ouvrage musical, qu'on goûtera humblement, sans songer à autre chose qu'à actionner la touche repeat.

Bosque Brown, "Baby"

dimanche 15 février 2009

Short Cliche

J'avais promis de chroniquer les 31 knots mais bon... Voilà qu'une fois la pochette sous mes yeux, prête à passer sous le scalpel délicat de mes humeurs changeantes, je décide que leur tour viendra quand j'aurai vraiment fini par me convaincre que Les Strokes n'est qu'un groupe de rock parmi tant d'autres, que leur allure est finalement ringarde et que leur son est carrément loin d'être addictif. D'ici là je tiens quand même à me les garder sous le coude. Parce que je ne désespère pas qu'un jour des titres comme You Only Live Once, Heart In A Cage ou même On The Other Side, des titres somme toute moyennement bien calibrés, à peine mélodieux et presque sans charme, passent à la trappe de mes goûts incertains. Et à tous ceux qui prétendront que j'ai tort de sous-estimer un groupe aussi talentueux, symbole absolu du rock'n roll, je rétorquerai sans rougir que le vrai rock est ailleurs, mais qu'en attendant d'y aller, je reprendrai bien deux ou trois clichés...

The Strokes, "First Impression Of Earth"

samedi 14 février 2009

Urban Mood

Un peu avant mon départ pour Berlin - c'était l'année dernière-, j'avais fini par décider que mon salut se trouverait dans la recherche intempestive d'artistes en tous genres. Je passais donc un temps considérable à squatter la toile, à la recherche de tout et de n'importe quoi. Le hasard ou la chance ont voulu que je tombe sur cette jeune artiste Berlinoise - Masha Qrella - qui, après écoute, ne mis pas longtemps à faire de moi une auditrice dévouée. Il y a dans sa voix quelque chose d'exagérément doux et de morose à la fois. Comme s'il s'agissait pour elle de dépeindre un monde qu'elle aurait condamné mais dont elle n'aurait à la fin que faire. La musique, électro-pop, par moments minimaliste, sert parfaitement cet état d'esprit propre aux grandes métropoles. Où les solutions sont autant d'options aux problèmes, qu'on voudrait pouvoir les appliquer toutes, de peur de passer à côté de celle qui eu vraiment valu le coup.

Masha Qrella, "Unsolved Remained"

vendredi 13 février 2009

Contemporary Trinity

Les trois silhouettes longilignes qui paraissent s'être posées là, à la lisière d'un jardin endormi, comme pour mieux admirer le paysage pastoral qui s'offre à elles, à l'abri des regards et comme tenues ensemble par quelque serment filial, ne cachent rien de ce que cet album peut offrir. Il plane au-dessus de ces demoiselles - chez qui on croirait déceler un accord tacite - une inertie musicale positivement réjouissante. Les choeurs sont tout à l'unisson et l'électronique au plus près du diapason. Leur musique, d'une simplicité touchante, affleure simplement, sans jamais se perdre en détours, comme si le trio avait choisi de ne jamais trop se disperser, pour ne pas se perdre de vue. Au final, on trouve de très beaux titres, agréablement mélodieux et comme tout droit sortis d'un rêve de jeune fille. Et la mélancolie qu'on sent poindre par instants ne fait qu'ajouter au charme de cet album, qu'on gardera en mémoire comme étant l'une des trinités musicales les plus réussies de ce début de siècle.

Au Revoir Simone, "The Bird Of Music"

jeudi 12 février 2009

Post Remain

Depuis que j'ai quitté le nord pour rejoindre l'est que j'avais laissé, les groupes musicaux qui sévissaient à l'époque - de l'autre côté de la frontière -, me reviennent en mémoire. Bauhaus fait partie de ceux qui n'ont pas quitté ma discothèque depuis ce temps. Ce groupe qui s'est payé le luxe d'être là avant tout le monde, réussi encore à demeurer bien après que d'autres aient déjà consenti à se retirer. Rien de vraiment étonnant à cela lorsque l'on s'applique à réécouter cet album. Le style qui est le leur, dans une veine post-punk, est encore tout à fait d'actualité. Rien dans leurs compositions ne paraît daté, rien non plus ne semble avoir été copié. Leurs titres conservent la griffe qui fait d'eux un groupe à part. Si bien que l'on pourrait écouter Bauhaus aujourd'hui comme s'il s'agissait d'un nouveau groupe issu de la scène rock, dont on dirait qu'il est assez surprenant et finalement très novateur. Pour s'en convaincre, il suffit de se repasser des titres comme Of Lillies And Remain, kick In The Eye ou encore Mask, qui donnent non seulement à entendre l'étendue de leur talent, mais encore finissent par convaincre qu'après Bela Lugosi et le punk, le Bauhaus lui, n'est pas mort.

Bauhaus, "Mask"
A écouter également, "In The Flat Field"

mercredi 11 février 2009

Cool Lesson

Je m'entends souvent dire - je suppose que c'est pareil pour vous -, lorsque j'affirme quelque chose ou lorsque j'en annonce une autre, "oh cool !" hum oui... sauf que bon... je ne suis pas toujours sûre que le propos ou les circonstances se prêtent à ce genre de réponse, voire même n'ont carrément rien à voir avec l'énoncé initial. Mais c'est vrai que cette formule magique a l'avantage de contenter tout le monde ou du moins d'apaiser les tensions latentes, si ce n'est de clore le débat. Dans ce domaine, il y en a au moins un qui a tout compris et qui plutôt que de jouer sur les mots préfère jouer avec les notes. Moi qui n'y connais pourtant pas grand-chose en jazz, je ne peux rester insensible à la musique de Chet Baker. C'est d'ailleurs très certainement grâce à lui que j'ai un jour daigné prêter une oreille attentive à cette école. Et ce jour est béni, car depuis je ne me lasse pas d'écouter ses oeuvres. Sa musique est d'ailleurs très caractéristique de cette posture qu'on voudrait tous pouvoir adopter définitivement, afin sans doute d'avoir le sentiment que rien n'est grave, que tout est finalement très relatif et que tout baigne. En attendant que ça nous arrive - car il ne faut pas désespérer -, rien ne vaut Chet Baker comme maître à penser.

Chet Baker, "Prince Of Cool"

mardi 10 février 2009

Atmosphere

S'il vous arrive de souffrir d'insomnie ou du moins de veiller tard la nuit - lorsque tous les chats sont gris -, vous seriez bien inspirés de tenter une petite intrusion vers cet espace azuré qui vous nargue impassiblement. Une nappe de sons électro-dub s'insinuera calmement au milieu de votre nuit agitée et vous aurez alors l'impression de n'avoir jamais plus aimé la nuit, que depuis le jour où vous avez renoncé à vous coucher de bonne heure. Quant à ceux pour qui le problème est inversement proportionnel, vous aurez le sentiment de n'avoir jamais eu à perdre votre sérénité diurne depuis que le monde est monde. C'est en tout cas ce que l'écoute de cet album donne à croire, et c'est finalement bien agréable de se laisser prendre à de pareilles ambiances, de jour comme de nuit.

Echospace Label, "Intrusion - The Seduction Of Silence -"

lundi 9 février 2009

Whirl Raining Snow

Une fine pluie de neige s'est mise à tomber ce soir. Sur le bord de la fenêtre, située sous les toits, on peut voir le tourbillon neigeux accélérer à une vitesse affolante. Plus bas, en suivant sa trajectoire, on le voit pourtant se poser délicatement sur le sol humide, comme s'il avait été freiné dans sa course par une vision inattendue. Un peu comme cet album qui débute par des morceaux instumentaux pour plus loin et par intermittence, pousser discrètement la voix. La musique, à la fois sagement planante et follement psychédélique se suffit à elle-même. Point n'est besoin de chanter plus, les musiciens sont à l'honneur. Et le décor qui s'est planté, que je vois depuis ma fenêtre, pourrait bien être celui qui a inspiré ces instrumentistes presque muets. L'intensité sonore qui se dégage de cet opus nous ferait presque regretter la grisaille des jours de pluie, où la parole semble inutile. Alors, on se mettra peut-être à regretter la brièveté de ces giboulées saisonnières, mais on gardera une oreille émue par tant de lyrisme mélodique.

The Appleseed Cast, "Sagarmatha"

dimanche 8 février 2009

Heelers

D'aussi loin que je me souvienne, porter des talons aiguilles était une fantaisie propre aux années 90. Si l'invention ne date pas d'hier, ni celle du bas couture d'ailleurs, il est un fait que les dames -et les messieurs - affectionnaient alors tout particulièrement cet apparat de choix. Mais la mode est enfant de bohême et il n'est pas exclu d'en porter aujourd'hui si tant est que l'on y trouve son équilibre. Musicalement parlant, il n'est pas non plus certain qu'ici les amateurs du genre se trouveront contentés. Car le son caractéristique de cette décennie prémillénariste ne semble pas être le fond de commerce de ce groupe pour le moins conservateur. Et c'est une chance, car si l'enseigne n'est pas à la hauteur du stock à tubes que renferme cet album énergique, on y trouvera de très bons titres. Mais qui ont davantage à voir avec les années 70. Dans une veine plutôt glam rock donc et dans un style finalement très reconnaissable. Peu importe d'ailleurs, pourvu qu'on ait l'ivresse. Et surtout n'allez pas tenter de les contredire, vous risqueriez quelques coups portés, aussi profonds que douloureux.

1990's, "Kicks"

Universal Philosophy

Pour rester vigilant et garder le cap, et ainsi éviter de sombrer dans un crétinisme échevelé ou une forme de sénescence prématurée, rien ne vaut les Pixies. Ce groupe fondamentalement novateur a réussi l'incroyable pari de l'intemporalité. Cette vérité a bien entendu été testée et approuvée par mes soins, puisqu'aujourd'hui encore je ne peux que constater l'effet paradoxal que leur discographie opère sur moi. Le secret de cette réussite tient en un mot, l'universalité. Rien n'est caractéristique dans leur démarche, tout est universel. Rien n'est particulier, tout est général. En un mot, philosophique. Car qui n'a pas déjà passé un temps fou à attendre l'être aimé et attendra encore (Here Comes Your Man), qui n'a pas déjà songé au paradis perdu et y songera encore (Monkeys Gone To Heaven), qui n'a pas déjà perdu la tête et la perdra encore (Where Is My Mind) ? Sans compter que, musicalement, les mélodies servent magistralement des textes loin d'être obscurs pour qui sait lire entre les lignes. Est-ce un hasard, une chance ou un signe que la gloire de certains groupes parvienne ainsi à persister dans le temps ? Est-ce un leurre, une manipulation, une injustice ? Comment être certain que le succès qui est le leur est mérité, et non pas le simple effet d'une manipulation de l'opinion acoustique ? Nul ne le sait ni ne le saura probablement jamais. Mais rien n'empêche de se creuser la tête, pour sans doute très vite finir par admettre "Stop ! ... with your feet in the air and your head on the ground, try this trick and spin it, yeah, your head will collapse, but there's nothing in it, and you'll ask yourself..."

The Pixies, "Doolittle"
A écouter également, "Surfer Rosa" & "Bossanova"

samedi 7 février 2009

Blessed Sleepwalker

Pour apaiser les esprits foudroyés par l'indomptable Irlandaise, sans pour autant risquer de retomber dans une nonchalance hébétée, il pourrait s'avérer astucieux de déléguer cette humeur embarrassante à quelque chanteur bien inspiré d'en faire de jolis couplets. Pour ce faire, The Leisure Society arrive à point nommé. La voix, qu'on sent par moments comme découragée, presque sur le point de s'assoupir, donne l'impression de chanter au pays des songes. Agrémenté d'instrumentations minimalistes qu'on jurerait avoir été empruntées à un fabricant de poupées, l'album donne le sentiment de se trouver emporté par un manège, mais dont la vitesse aurait été réduite et sans qu'il soit jamais plus possible de l'arrêter. Les choeurs qu'on trouve posés ça et là accentuent l'impression de faire un somme enchanté. On ne s'étonnera donc pas de trouver le repos à l'issue de cet épisode délicieusement indolent.

The Leisure Society, "The Sleeper"

vendredi 6 février 2009

Constance & Boldness

Hier encore je questionnais une de mes connaissances à propos du mois de février, que décidément je trouvais peu sujet à la rêverie. L'hiver commence désespéremment à s'attarder et le printemps est encore incroyablement loin. Et puisque la saison prend ses aises, j'ai pensé qu'il me faudrait beaucoup de foi et de courage pour poursuivre ma chronique sans manquer de sombrer dans un état taciturne, proche de la torpeur. Afin d'y remédier j'ai songé que Sinéad O'Connor me serait d'un certain secours, car, il faut bien l'admettre, la dame a de quoi réveiller un mort. Outre les prises de positions sulfureuses qui furent les siennes et son allure quelque peu iconoclaste, sa voix est d'une telle puissance qu'il est presque impossible d'y rester indifférent. Mais pour s'en rendre compte, il faudrait pouvoir passer en revue l'ensemble de sa discographie, qui compte un nombre conséquent de succès et de collaborations inestimables. Je m'en vais pour l'heure les réécouter, certaine d'y trouver l'aplomb et la constance que j'y avais trouvés, il y a quelques années déjà.

Sinéad O'Connor, "Faith & Courage"
Star Selection*
- I'm Stretched On Your Grave
- Fire On Babylon
- Mandika
- Thank You For Hearing Me
- The Lamb's Book Of Life

jeudi 5 février 2009

Natural Boots Songs

Puisqu'il n'est pas encore question de quitter ses bottes et que l'écharpe est toujours encore de rigueur et à moins d'avoir beaucoup mieux à faire, il pourrait être plaisant de tendre l'oreille vers cette Américaine, en provenance directe de Seattle. Vraisemblablement conçu en hommage aux plus beaux paysages du Colorado - dont elle est originaire -, l'album qui nous est proposé est un recueil de titres country aux accents rock and folk. La description vaut ce qu'elle vaut, mais elle ne ment pas ! Le mieux serait donc de l'écouter pour être absolument certain d'aimer cette voix frêle et délicate, qui vous donne l'impression d'être caressé par la bise alors que vous progressez lentement vers votre logis, après avoir passé l'après-midi à vous promener dans les bois. Baker Lake, Runnin' Your Way ou encore Happy When I'm Gone font partie de mes préférés, mais l'ensemble est à l'avenant. Et il serait dommage de se priver de ces longues sorties pédestres qui ont le don de nous rappeler à quel point la nature peut parfois être belle.

Sera Cahoone, "Only As The Day Is Long"

mercredi 4 février 2009

Entertaining Folk

En observant patiemment cette image, sans aucune autre référence que la représentation de ce profil féminin émergant d'une cascade de cheveux roux, à quoi peut-on bien songer ? C'est bien le genre de question que je me suis posé lorsque je suis tombée dessus. J'ai pensé à de la musique industrielle, à quelque chose d'expérimental, ou du moins à quelque chose d'assez dissonant. Rien que le titre Headless Heroes n'augurait rien qui puisse respirer le luxe, le calme et la volupté. C'était mal connaître le cerveau agité de son ingénieux concepteur. Car sur le fond, tout est beauté, lustre et magnificience. Et le fond, ce n'est ni plus ni moins qu'Alela Diane, que l'on connaît déjà comme ayant commis un album en solo et qui pour l'occasion a jugé bon de s'entourer. Le fil rouge, c'est elle, et sa voix si particulière, reconnaissable entre mille, est la même. Mais musicalement, on quitte les terres du folk authentique pour rejoindre celles plus distrayantes de l'expérimentation. Au final, on trouve de vraies perles comme True Love Will find You In The End ou encore Just Like Honey, et on finit par penser qu'entre deux traditions, la récréation lui va très bien.

Headless Heroes, "The Silence Of Love"
A noter que l'ensemble des titres proposés sont des reprises.

mardi 3 février 2009

Shadow Tales

Croisé furtivement en fin de show, c'est dire si je n'ai absolument rien vu de la prestation de celui qui resta longtemps pour moi un fantôme. C'est finalement au coeur de l'hiver que je parviens à mettre une voix sur cette ombre insolite. J'écoute alors amusée le chapelet de chansons qui s'offre à moi, sans cesser de songer à la voix de celui auquel une de mes connaissances a longtemps - mais sûrement - voué le culte le plus féroce qui soit. The Legendary Pink Dots, mais c'est bien sûr. En voilà un - Leo88Man - qui aura su perpétuer le chant énigmatique de celui - Edward Ka Spel - qui aura réussi à faire de mon ami - la connaissance - un apôtre convaincu. La comparaison s'arrêtera là. Car les compositions conservent le charme de la nouveauté, grâce à l'instrumentation, qui emprunte timidement au champ expérimental tout en conservant la ligne folk initiale. Et si le versant musical se fait plutôt discret, voire minimaliste, c'est sans conteste pour mieux apprécier les talents vocaux de celui qui paraît chanter pour mieux conter.

Leo88Man, "Drownin' By Waiting"

lundi 2 février 2009

Short-Lived Stars

Découverts pas plus tard que cet après-midi, alors que j'en étais encore à songer aux déconvenues du plus grand crooner de la planète Indie, me voilà partie pour un voyage d'un tout autre genre. La musique des Boxer Rebellion n'a pourtant rien d'inédit. Ici rien n'est fait pour innover, au contraire même, tout est fait pour revisiter. C'est du déjà-vu, c'est revu et à peine corrigé. C'est donc clairement un album qui restera confidentiel. Cela dit rien n'empêche d'apprécier ce son rock très caractéristique de nos amis d'Outre-Manche, qui pour l'occasion ont jugé bon de s'inspirer d'un autre groupe très connu et dont je tairai le nom, histoire de vous faire cogiter un peu. On se contentera donc d'apprécier simplement cet album, sans en attendre autre chose que le plaisir de l'écoute et tout en réservant nos louanges à des groupes plus novateurs.

The Boxer Rebellion "Union"

Voice Fires

La rudesse des nuits d'hiver vous porte à rêver à quelques horizons plus propices à combler votre coeur refroidi par des frimas trop hostiles, votre corps vous commande de vous chauffer aux meilleurs feux de bois, et votre âme n'en peut plus d'attendre le printemps qui n'arrive pas. Alors ce disque est fait pour vous. Dans votre impatience, il saura vous faire apprécier la saison froide comme aucun autre. Avec pour seule étoile la voix chaude, presque incandescente de Léonard Cohen, vous trouverez de quoi vous accompagner agréablement. I'm Your Man est loin d'être son meilleur album -quoique sa meilleure résolution-, mais on y trouve quelques morceaux d'anthologie. De Everybody Knows, chanson douce-amère au fameux titre éponyme I'm Your Man, notre serviteur désabusé parvient non seulement à maintenir allumée la flamme qui manquait de s'éteindre, mais encore il aura su composer pour nous un menu des plus chaleureux.

Leonard Cohen, "I'm Your Man"

dimanche 1 février 2009

Rich Ground

Beaucoup vous diront que les soirs de pleine lune, il se passe des choses inédites. Des choses plutôt inquiétantes d'ailleurs, à la limite du paranormal. L'esprit tout entier semble comme attiré par les hauteurs célestes, comme magnétisé par la voûte, où brille impassible et parfait l'astre lunaire. Pour les High Dials, pas de doute possible, il y a une vie sur cet ailleurs. C'est en tout cas là-haut qu'ils donnent l'impression d'avoir composé leur album. Le paysage, qu'on imagine déserté, apparaît pourtant comme une terre d'accueil, riche d'inspirations et d'intuitions fertiles. La musique qui s'en dégage alors semble comme baignée par un halo lumineux, le même que celui qui se dégage de cet astre nocturne dans sa période la plus faste. Dans cette obscurité lumineuse, on est heureux de savourer les quelques titres livrés pour notre seul bon plaisir. De These Days Means Nothing To Me aux francs accents psychédéliques à Oisin, My Bastard Brother, nettement plus emporté, on est ravi d'avoir fait le déplacement et on imagine déjà notre prochain séjour.

The High Dials, "Moon Country"