Une fois de plus je me suis laissée mener par le bout du nez, et plutôt que de faire les frais d'une trop grande complaisance, j'ai eu la chance - dans mon malheur - de ne pas avoir vainement cédé aux sirènes diaboliques de dame Shériff. Dès l'introduction, le titre The Story Won'T Persist In Being A Closed Book vous glace et vous transporte. C'est un coup de massue et un coup de maître, c'est un cri déchirant et un murmure étourdissant. C'est aussi sombre que désespéré, c'est presque aussi beau que tragique. La suite est plus enlevée et relève d'un tout autre registre, mais on y retrouve la voix claire et finement posée de son interprète. Dans une veine proche d'une PJ Harvey, on aura le plaisir de savourer les emportements de la dame qui donne soudain le sentiment de n'avoir plus de temps à perdre. C'est pourtant bien ce que le titre liminaire semblait vouloir présager. Et puisqu'après tout les jeux sont faits, qu'importe le prix pourvu qu'on ait l'ivresse ...Laetitia Shériff, "Games Over"




Echouée sur le canapé du salon, vaguement consciente qu'il est encore tôt et que la semaine vient de se terminer, je m'apprête à passer un dimanche sous les meilleures hospices qui soient. Me voilà donc confortablement installée, en proie aux plus captivantes rêveries. C'est à ce moment-là qu'intervient Elvis Perkins, qui non content de ne susciter chez moi qu'un intérêt limité, aura pourtant réussi avec ce seul titre While You Were Sleeping, - qui me parvient d'abord confusément puis clairement excellent - à brouiller définitivement les connexions synaptiques de mon cerveau endormi. La journée commence très bien, très haut même, et c'est mieux que tout ce que j'aurais pu espérer. La suite est d'autant plus appréciable qu'elle commence ainsi, sans promesse apparente, mais chargée de voix enchanteresses pour qui veut bien les entendre, "oh oh, oh oh".